« Je crois aux hasards heureux »Célimène_Franck_Harscouet

Gaëlle Billaut-Danno est responsable de la programmation du théâtre Simone-Signoret. En poste depuis juillet 2015, elle n’a eu qu’un mois pour préparer la saison. Un vrai défi pour cette actrice que rien ne semble arrêter. Gaëlle Billaut-Danno est actuellement à l’affiche de « Célimène et le Cardinal », une pièce pour laquelle elle a été nommée aux Molières en 2015.

 

Le théâtre, vous êtes née dedans et vous avez d’abord cherché à y échapper. Pourquoi ?

Gaëlle Billaut-Dannno : Ma mère était chanteuse et comédienne (NDRL, Jacqueline Danno). J’aimais aller la voir jouer au théâtre. J’ai vu aussi l’envers du décor, la façon dont les gens se comportaient, ma mère qui partait souvent en tournée. J’ai eu une réaction de rejet. Je me suis orientée vers la communication et le marketing, avec tout ce qui va avec, prépa HEC, école de commerce.

Comment le théâtre s’est imposé à vous ?

G.B-D : En 96, une amie a insisté pour qu’on prenne des cours de théâtre ensemble. Il y a eu quelque chose de l’ordre de l’évidence. En 2001 j’ai tout arrêté pour devenir comédienne. J’ai hésité, c’était un pari audacieux. Mais je crois aux hasards heureux. J’ai fait de belles rencontres comme Pierre Santini, mon parrain de théâtre.

Quel est votre plus beau moment d’émotions au théâtre ?

G.B-D : Avec ma mère, nous avons joué « Ben Hur » de Robert Hossein au Stade de France. Je jouais la sœur de Ben Hur. Je me rappelle des saluts ; recevoir l’énergie de 60 000 personnes, c’est incroyable.

Le 11 mars vous serez sur la scène du théâtre Simone-Signoret avec la pièce de Jacques Rampal, « Célimène et le Cardinal ». Une pièce « porte-bonheur » …

G.B-D : J’avais vu la pièce à sa création. Je n’étais pas actrice alors. Le rôle était tenu par Ludmila Mikael.  J’ai été éblouie par l’intelligence, le raffinement, l’humour de cette pièce. Un coup de cœur ! Puis j’ai rencontré par hasard Jacques Rampal. En mai 2012, il me propose de partir jouer Célimène trois semaines en Inde. J’accepte. C’était très fort. En 2013, Christophe Segura, un ami producteur, emmène la pièce en Avignon. On fait carton plein…

… Et en 2015, vous êtes nommée aux Molières dans la catégorie révélation féminine …

G.B-D : Le jour des nominations, je tournais une série pour France 2, mon portable était donc éteint. Quand je le rallume : messagerie pleine ! J’étais vraiment heureuse, et fière. J’ai pensé à mes parents. Cette pièce est un vrai cadeau ! Même si je n’ai pas eu le Molière, une nomination, c’est déjà la reconnaissance de mes pairs, une légitimité.

Vous êtes chargée de la programmation à Conflans, comment cela s’est fait ?

G.B-D : Un concours de circonstance. Je ne m’y attendais pas ! D’autant plus que « Célimène et le Cardinal » avait déjà été retenu par l’équipe municipale pour 2015-2016, ce qui m’a beaucoup touchée…On remettait la médaille de la ville d’Herblay à ma mère – mes parents habitent cette commune -. J’y ai croisé le maire Laurent Brosse. En mai, j’apprends que la ville cherche un directeur artistique. En juillet ma candidature est retenue, j’avais un mois pour préparer la saison. Un vrai défi mais le théâtre devait ouvrir en septembre, on ne pouvait pas priver les habitants d’un accès à la culture.

Quelle couleur culturelle voulez-vous donner à la prochaine saison ?

G.B-D : J’ai choisi une programmation éclectique et pris des valeurs sûres. L’idée est de proposer une programmation divertissante et intelligente, qui va marquer le grand retour de la danse, et davantage de place accordée à la musique. On peut divertir et que cela ait du sens. Le théâtre, c’est un voyage, prendre le spectateur par la main. J’ai envie de présenter de beaux spectacles d’où l’on sort plus « rempli », plein de sensations et d’émotions.