Michel Fugain : « Pour passer un bon moment ensemble »

Michel Fugain sera sur la scène du théâtre Simone-Signoret, le samedi 30 janvier, avec Pluribus, onze musiciens d’exception pour revisiter les titres d’hier et d’aujourd’hui.
Rencontre avec le chanteur qui nous parle de son bonheur d’être sur scène avec « sa bande de potes ».

P25 VAC janvier photo fugain3-®Youri Zakovitch

Vous signez votre retour sur scène avec Pluribus, un groupe de 11 musiciens. C’est quoi Pluribus ?

Pluribus est né de discussions, de rêves annoncés. On se disait : « Purée ça serait génial ». Il y a eu les bonnes personnes au départ. Les musiciens sont des gens particuliers, des gens libres qui n’aiment pas l’appartenance à un groupe. Tous sont des pointures. Il y a là des données affectives. C’est d’abord un miracle, une bande de potes. Je n’ai pas encore 50 ans de carrière devant moi, c’est une dernière ligne droite royale.

C’est un vrai travail collectif, pas simplement le concert des chansons de Michel Fugain ?

Je ne voulais pas que ce concert soit un musée des chansons de Michel Fugain. On travaille tous pour la suite. Pluribus a été monté pour reprendre le répertoire d’un chanteur « populaire » entre guillemets. On retrouve ma patte mais on a créé notre univers. Les musiciens, vous ne pouvez pas leur donner quatre accords et puis c’est tout. Ça ne marche pas comme ça. Les gens se retrouvent dans un truc auxquels ils ne s’attendaient pas. Si on s’ennuie en faisant ce métier, ça ne sert à rien.

Que va-t-on retrouver, justement, pendant ce concert ? 

Tout … ils entendront toutes les chansons. C’est pas moi qui ait fait le choix, c’est Pierre Bertrand (Ndlr : directeur musical) . Les grandes chansons ont été reprises, comme « La fête » ou « Chante » mais ce n’est pas tellement celles-là qui étonnent. « La bête immonde » par exemple, c’est beau et c’est fort. La chanson a été écrite en 1995 au moment où le FN commençait à faire des voix en France. On a l’impression que c’était écrit hier. Il n’y a pas de chansons anodines.

Vous êtes à votre manière un chanteur engagé ? 

Non je ne dirais pas cela, je suis un citoyen engagé. Je dis ce que j’ai à dire. On doit mettre la pierre à l’édifice surtout quand on a à monter sur scène. Je suis un artiste, un homme libre et je méfie des dogmes. Tous les thèmes sont abordés dans les chansons, je n’ai pas que des trucs gentils et souriants. Et comme disait mon copain Yuri Buenaventura : « En Amérique du sud, les idées politiques ou les idées tristes, on les fait en salsa ». Je suis d’accord. Je fais bouger les gens en musique, et dans les chansons il y a des grincements dans les rouages.

Un mot sur une chanson étonnante « jamais, je ne t’oublierai », écrite avec les strophes des chansons d’antan ?

On vit dans une société sans mémoire. J’ai même tendance à penser que c’est fait volontairement… Les mômes ne chantent plus les vieilles chansons, les trucs disparaissent et c’est dommage. Je prends les chansons «  il était une bergère, nous n’irons plus au bois » et j’écris un texte. Ce sont des chansons porteuses de tendresse que je veux transmettre. Pendant le spectacle, je parle beaucoup, je parle de la vie. On se marre sans arrêt. Un bon moment qui passe, un beau moment humain.

Vous connaissez Conflans ?

Conflans, j’y suis déjà venu chanter et je suis très ami avec Michel Rocard (Ndlr : ancien maire de Conflans de 1977 à 1994) qui vient souvent chez moi en Corse. Il a gardé un souvenir très profond de Conflans. Il dit souvent que c’est le plus beau mandat qu’il a pu avoir.

 

Michel Fugain – samedi 30 janvier – 20h30