« Le théâtre m’attirait tout en me faisant peur »

Lorie Pester reprend le rôle tenu par Audrey Hepburn dans My Fair Lady et au théâtre par Sophie Marceau. Après un triomphe à Paris, la chanteuse et comédienne à succès, qui fait ses premiers pas réussis sur les planches, raconte.

Comment s’est fait la rencontre avec le metteur en scène de Pygmalion, Ned Grujic ? Pourquoi le théâtre ?

J’ai rencontré Ned il y a quelques années sur un autre projet qui ne s’est finalement pas fait. Mais le feeling était très bien passé entre nous et nous avions très envie de travailler ensemble. Alors quand il m’a proposé cette pièce, un vrai classique en plus, je n’ai pas pu dire non ! Le théâtre m’attirait tout en me faisant peur. Au théâtre on ne peut pas mentir, on a le retour en direct des spectateurs, on les entend respirer, rire, s’offusquer… C’est ce qui fait la magie de cet art et qui justifie aussi le trac avant de monter sur scène ! Mais je ne regrette absolument pas d’avoir passé le pas !

Qu’est-ce qui vous a séduite dans le rôle d’Eliza Doolittle ? Un rôle tenu par Audrey Hepbrun dans l’adaptation « My Fair Lady », un défi pas simple à relever ?

Bien sûr le fait que ce rôle ait été joué par des actrices prestigieuses m’a donné envie de relever le défi, même s’il ne s’agit en aucun cas de copier ce qui a été fait, mais plutôt de réinventer encore une nouvelle Eliza. Mais c’est surtout l’évolution de ce personnage qui rend son interprétation passionnante. Eliza est une petite marchande de rue au début de la pièce, elle parle avec une certaine gouaille, se tient mal… Et à la fin de la pièce, elle parle très bien, et a été complètement transformée physiquement. Du coup j’ai la chance de jouer deux rôles en un, ce qui est plutôt un vrai cadeau surtout pour mon premier rôle au théâtre.

Ce premier rôle, comment l’avez-vous travaillé ?

J’ai beaucoup travaillé en amont avec le metteur en scène, juste tous les deux pendant des semaines, pour définir la personnalité d’Eliza que ce soit au début ou à la fin de la pièce. Ensuite nous avons longuement répété avec toute la troupe pour mettre en place toute la mécanique. Ayant l’habitude des chorégraphies, j’ai trouvé plus facile de placer un texte sur des déplacements une fois que nous avons commencé à répéter sur scène, ce sont alors des réflexes qui lient le texte aux gestes.

 Vous avez chanté souvent devant des milliers de spectateurs, qu’est-ce qu’on ressent à se retrouver sur scène de façon plus proche, intimiste, moins de trac ? plus de pression ?

C’est effectivement plus de trac car étrangement on voit beaucoup mieux les gens dans des petites salles que dans des zéniths. Et puis lors de mes concerts j’étais très entourée, j’avais des danseurs, des musiciens, des effets spéciaux qui portaient aussi le spectacle. Au théâtre, il n’y a que notre jeu, et on ne peut pas mentir. J’ai la chance d’être accompagnée par une merveilleuse troupe de comédiens bienveillants, ce qui m’a aussi beaucoup aidé à appréhender ce trac.

Vous avez dit dans une interview sur France 2 « C’est difficile de rompre avec son passé. Le public et les médias m’ont connue jeune, ma carrière évolue et j’ai d’autres envies ». Quelle image vous voudriez que l’on ait de vous aujourd’hui ?

Pendant longtemps on a eu tendance en France à mettre les gens dans des cases. J’étais chanteuse et il était difficile de faire comprendre, et notamment aux médias, que je pouvais faire autre chose. Mais aujourd’hui avec le théâtre, je vois l’évolution dans le regard que l’on me porte. Je ne suis plus que chanteuse, je suis aussi comédienne. J’ai plein d’envies, plein d’idées, et je ne vais pas m’arrêter à l’image que l’on a de moi, j’avance et tant mieux si je peux surprendre !

Quelle est la réaction du public ? Le plus beau compliment ou le plus touchant qu’un spectateur ait pu vous faire ?

Les réactions du public et des médias ont été incroyables, ça m’a beaucoup touchée. Les retours ont tous été positifs, et ça fait plaisir parce qu’on a tous beaucoup travaillé pour monter cette pièce. J’ai reçu beaucoup de compliments qui m’ont marquée mais ceux des gens de théâtre (acteurs, producteurs…) ont eu forcément une place particulière.

Vous êtes née au Plessis-Bouchard dans le Val d’Oise, vous venez presque en voisine, c’est à une vingtaine de kilomètres. Vous connaissez Conflans ?

Je connais la région mais je suis surtout ravie de découvrir votre salle de spectacles que je ne connais pas encore !

Votre actualité ? Vous tournez actuellement un téléfilm Meurtre à Grasse pour France 3 ?

Oui effectivement je termine tout juste ce téléfilm que j’ai tourné notamment avec Annie Grégorio. Nous avons travaillé pendant près d’un mois autour de Grasse. L’ambiance dans l’équipe était excellente, et tourner sous le soleil c’est toujours très agréable ! Vous devriez pouvoir découvrir tout ça dans quelques mois. En attendant je suis ravie de retrouver la troupe et le public pour encore quelques représentations de Pygmalion !

Pygmalion, de George-Bernard Shaw, à découvrir le vendredi 20 mai à 20h30